Nous deux, rue bleue (B1+)
Nous deux, rue Bleue PARTIE 2
En allant à l'école, je passe devant l'épicerie, encore fermé à cette heure-là, avec ses bouteilles de lait empilées devant la porte par le livreur. Un matin -je ne sais pas ce qui m'a pris- j'en ai volé une. Je me suis caché sous un porche afin de la boire tranquillement. Mais un voisin, le colonel en retraite Pigeat, m'a attrapé, et m'a ramené chez moi en me tenant par une oreille.
- Garde-à-vous, a-t-il crié, garde-à-vous fantassin horloger (il l'appelait fantassin parce que mon père avait fait son service militaire dans l'infanterie, au cuisine), j'ai l'honneur de vous informer que votre fils s'est livré à un larcin : il a volé du lait, c'est un bandit de grand chemin.
Mon père a abandonné la pendule sur laquelle il était penché et il s'est approché lentement de moi sans cesser de me dévisager. J'étais mort de honte. il m'a demandé doucement :
- Tu manques de lait, ici, Fiston ?
- Non, Pa’, non.
- Tu veux faire mourir ton père en devenant un bandit de grand chemin, c'est ça ?
- Non, Pa’, non.
- Le soir, mon père attendait mon retour de l'école :
- Ne vole plus jamais rien. Tout ce que tu peux voler, ton père peut te l'acheter.
- Sur la table se trouvait une caisse de vingt-quatre bouteilles de lait.
- Il n'y a que la Lune que ton père ne puisse te procurer. Vas-y, vole-la si tu veux, Fiston.
Aucune traduction disponible.

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